Les enfants ont un sens du goût et de l’odorat particulièrement développé. On peut se servir de ces sens pour jouer en famille.

«Maman, cette truite a un goût d’eau de mer, on dirait une huître», notre fils a-t-il affirmé récemment à table. En effet, la truite en question, issue de l’agriculture biologique, même si elle était d’une fraîcheur irréprochable, avait un goût beaucoup plus prononcé que d’habitude.

Nous faisons régulièrement le constat que le sens du goût de notre fils de six ans est particulièrement développé. Nous en avons même fait un jeu depuis quelque temps. Chaque dimanche matin, nous avons pris pour habitude de déguster trois thés différents. Mon fils décrit le goût du Pu-Erh dans les termes suivants: «Ça sent le foin mêlé à de la boue.» Mais il finit toujours par le boire et je dirais même qu’il en apprécie le goût. Et nous comprenons tout à fait l’association qu’il fait, car le Pu-Erh, ce thé fermenté d’Asie, a effectivement une odeur très prononcée.

Les odeurs et les arômes peuvent faire l’objet de jeux en famille qui peuvent être tout aussi amusants que Puissance 4 ou les petits chevaux. Et sur le plan sensoriel, les enfants ont même une réelle chance de s’imposer face aux adultes. Chercheuse en matière d’analyses sensorielles, Christine Brugger, qui travaille chez Aroma Reich, explique: «Il est intéressant de constater que les enfants font moins d’associations visuelles que les adultes, et qu’ils sont à même d’identifier correctement les odeurs et les arômes, indépendamment des formes sous lesquelles ils leur sont présentés.» Elle raconte l’expérience faite dans le cadre d’un test, où l’on a distribué des bonbons de couleur «erronée» aux enfants. «C’était impressionnant de voir combien les enfants étaient doués pour reconnaître les arômes, même si le bonbon aux fruits rouges qu’ils dégustaient était jaune et non pas rouge.»

Faites vous-même le test. À la maison, nous utilisons de temps à autre le coffret d’arômes du vin pour tester notre odorat. Avec notre fils, nous essayons de deviner quel flacon sent le cassis, lequel sent les mûres et lequel a l’odeur de goudron. D’après Christine Brugger, les sources d’arômes naturelles se prêtent encore mieux à ce type de jeux olfactifs. On peut par exemple mettre des épices dans un gobelet, puis recouvrir ce dernier et ensuite respirer son odeur. Ou on peut tout simplement commencer par déguster à l’aveugle deux pommes de sortes différentes.

Il convient toutefois de noter que les enfants peuvent rencontrer davantage de difficultés avec ce type d’associations libres entre l’odeur et le goût d’un aliment. «Un élément crucial de l’analyse sensorielle est le vocabulaire, qui peut être plus ou moins développé en fonction de l’âge de l’enfant et du répertoire culinaire de la famille», explique Christine Brugger.

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